Créations

Quand je serai grand, je serai danseur est un film dansé né d’un souvenir d’enfance.

Celui d’un enfant qui, très tôt, savait déjà ce qu’il voulait devenir.

J’ai imaginé ce film comme un retour à cette projection intime : ce que je rêvais d’être quand j’étais petit, ce que je me promettais en silence, le corps déjà traversé par la danse avant même d’en comprendre le langage. La danse n’y est pas un apprentissage, mais une évidence, une pulsation naturelle, une manière d’exister au monde.

Le film déploie un univers à la fois enfantin et fantasque, où l’imaginaire prend le pas sur le réel. Les gestes oscillent entre jeu et précision, innocence et détermination. Le mouvement y est libre, spontané, parfois maladroit, parfois déjà habité par une urgence profonde : celle de danser, coûte que coûte.

Ce film est aussi profondément lié à un lieu. Il a été tourné là où je passe mes vacances d’été depuis toujours. Un espace chargé de souvenirs, de temps suspendu, de liberté. Ce décor n’est pas un simple paysage : il est le témoin de mes étés d’enfant, de mes premières danses, de mes rêveries. Il devient le terrain de jeu du corps, un espace où passé et présent se rencontrent.

Quand je serai grand, je serai danseur est une déclaration intime.

Un hommage à l’enfant que j’étais, à la passion qui ne m’a jamais quitté, et à cette nécessité vitale : danser pour continuer à grandir, sans jamais cesser d’être cet enfant qui rêve en mouvement.

Quand je serai grand je serai danseur - 2023
Nouvelle Génération - 2025

Il ya un paradoxe fascinant dans notre époque. Nous vivons dans un monde saturé de mots, d'images, d'informations, et pourtant, le silence semble régner. Non pas un silence apaisant, mais un silence intérieur, celui qui naît d'une communication sans profondeur, d'échanges sans essence, d'une hyperconnexion qui isole plus qu'elle ne rapproche. Ce spectacle est une réflexion dansée sur ce phénomène, une exploration du vide qui se creuse entre les individus à l'ère numérique. Nous sommes entourés de notification, de regards filtrés par des écrans, et pourtant nous peinons à entendre l'autre, à nous entendre nous même. Nos existences oscillent entre la peur de la solitude, l'illusion de la présence et l'absence réelle. A travers le mouvement, nous voulons donner corps à cette tension. Nous dansons la fragmentation de l'être, tiraillé entre l'authenticité et l'image, entre l'individualisme et le besoin vital d'appartenance. Nous dansons cette nouvelle forme de solitude ou la foule numérique ne parvient pas à combler l'absence d'un toucher, d'un regard vrai, d'une voix qui vibre sans artifices. Mais ce spectacle n'est pas une résignation. Il est une quête. Une tentative de réapprendre à vivre ensemble, à retrouver le poids des corps, la chaleur du vivant.

Ce film a reçu le 3ème prix du concours Internationale de Arles du film dansé. Catégorie solo adulte